10 conseils pour éviter le burn-out avant qu’il ne soit trop tard

Je rencontre de plus en plus souvent en tant qu’accompagnante des personnes en épuisement professionnel, dont le rétablissement est très long (au minimum 6 mois). 

Comment agir en amont et éviter de « se prendre le mur » ? Voici quelques conseils issus de ces observations pour prévenir avant qu’il ne soit trop tard.

 

  • Prêter attention aux signaux donnés par son corps : insomnies, manque d’appétit, maux de dos, manque de concentration, irritabilité. Autant de signaux d’alarme qui montrent qu’il est temps de s’arrêter et changer quelque chose dans son rythme de vie. Et pourtant souvent, ceux-ci ne sont pas entendus. Ne fait pas un burn-out qui veut ! Ce sont en général des personnes engagées, actives, avec une forte orientation résultat. Nous observons donc une longue période de déni par ces personnes sur les premiers symptômes, d’autant que ceux-ci, pris isolément, peuvent sembler anodins. « je vais y arriver, ça va aller, il faut que je tienne » sont des injonctions fréquentes que la personne peut se répéter.

 

  • Accepter et prendre au sérieux les signes de fatigue et d’irritabilité : Il est urgent de lever le pied. L’épuisement professionnel est un phénomène insidieux car le stress agit progressivement. La personne sent en effet la fatigue s’installer, mais ne prend pas conscience qu’un phénomène de fond est en train d’agir. Un jour l’arrêt sera brutal car le corps (physique et psychique) dira « stop ». La fatigue est à prendre au sérieux notamment lorsque qu’une période de vacances ne suffit plus pour reprendre le dessus et que les tensions réapparaissent très vite après la reprise.

 

  • Se reposer, faire des pauses : Si vous êtes de façon chronique en surcharge, en panique pour arriver à tout faire, c’est justement le moment de vous arrêter… Pour éviter un arrêt beaucoup plus long et subi le jour où l’arrêt de travail s’impose ! Faites un vrai break pour déjeuner le midi, prenez un temps de sieste ou de méditation guidée pour faire baisser la pression et le stress en cours de journée (nombreuses applications disponibles), prendre quelques minutes pour faire des exercices de respiration, faire une pause avec des collègues. Tous ces temps de pause ne vous rendront que plus efficace après.

 

  • Réguler son rythme de vie : prendre un temps de recul et s’interroger : « qu’est-ce que je fais pour moi ? Quels sont les temps où je prends soin de moi, où je me détends, où je fais du sport ?  Quel temps je consacre à ma famille, à mes amis, à mes enfants ? ». L’idée est de regarder ce qui est important pour soi et de prendre de petits engagements dès la semaine suivante pour équilibrer ses domaines de vie.

 

  • Savoir dire non, malgré les injonctions du milieu professionnel qui cultive l’excellence et impose de faire toujours plus avec moins de moyens… Cela demande suffisamment de confiance en soi et d’assertivité pour oser poser ses limites sereinement, sans avoir la peur inconsciente de perdre son job ou d’être mal perçu par son boss. Ce conditionnement provient du milieu professionnel mais peut venir aussi de beaucoup plus loin, notamment du milieu familial avec des messages longuement répétés que l’on finit par se dire soit même, comme : « il faut bien travailler, tu ne dois pas décevoir, on doit tenir ses engagements, on ne montre pas quand ça va mal… »

 

  • Savoir lâcher et accepter que tout ne soit pas parfait : A la maison ou au bureau, vous pouvez vous interroger sur les conséquences de ce qui n’est pas parfait. Est-ce si grave ? quel est l’impact ? Y a-t-il péril en la demeure ? Pas si sûr ! Si ma maison n’est pas rangée, ou si je cuisine moins, on vit très bien quand même. Au bureau, comment puis-je prioriser ? « De toute façon je n’arriverai pas à tout faire, alors qu’est-ce que je décide de faire moins bien ou d’abandonner ?»

 

  • Accepter de se tromper : dans un univers changeant et complexe, il est impossible de tout maîtriser. Il est parfois plus utile de se faire confiance et de suivre son intuition. Et en effet, parfois vous vous tromperez. Et alors ? En voulant tout contrôler vous vous tromperez aussi. La peur de se tromper crée beaucoup de stress complémentaire et empêche d’avoir de la clairvoyance et d’être dans un état d’esprit favorable à la créativité et aux bonnes idées.

 

  • Choisir ses combats : parfois je veux à tout prix y arriver. Est-ce que je peux y arriver seule ? Est-ce sous ma responsabilité ? Quel est le prix à payer pour y arriver ? Est-ce que ça en vaut la peine ?

 

  • Oser en parler et se faire aider suffisamment tôt: l’un des risques majeurs pour les personnes en souffrance au travail, c’est l’isolement et le repli sur soi. Il est très difficile pour elles d’exprimer ce qu’elles vivent par peur d’être perçues comme « faibles » ou « défaillantes ». Il est important de trouver des soutiens auprès de ses amis, de sa famille, mais aussi dans l’entreprise : l’infirmière, le médecin du travail, les représentants du personnel peuvent vous écouter dans la confidentialité et vous aider. Faites-vous aider rapidement aussi par des professionnels (médecins, psychothérapeutes, médiateurs…) qui vous donneront leur avis sur la situation et vous aideront à déculpabiliser et trouver des moyens d’agir. Il existe aussi des associations où vous pouvez être reçus et accompagnés (Mal être & Travail, Souffrance & Travail…)

 

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